vendredi 6 novembre 2009

Encré dans le temps.

Voici le projet d'Oscar Diaz nommé "Ink Calendar" qui utilise la capillarité de l’eau pour réaliser ce calendrier. Le principe est que les chiffres sont découpés en un seul bloc dans du papier buvard dont une extrémité trempe dans une bouteille d’encre colorée. L’eau remonte alors dans le papier lentement en colorant les jours du mois au fur et à mesure (un par jour vous aurez compris). Oscar Diaz synchronise ainsi le temps qui passe et l'encre [qui passe aussi hihi] / il ne doit plus y avoir d'encre à la fin du mois. On obtient donc ainsi un calendrier automatiquement mis à jour, qui améliore la perception du temps passant et pas seulement en le signalant.





Les couleurs d'encre sont basées sur un spectre, associant une échelle de température de couleur à chaque mois ayant une couleur liée à notre perception du temps [météo] de ce mois ci. Les couleurs s'étendent de bleu foncé en Décembre, à trois nuances de vert au printemps ou d'oranges/rouges pendant l'été.


Ce projet a été développé dans le cadre d'une exposition comportant des travaux, qui évoluaient avec le temps pour le "London Design Festival", en 2007.

Petite aparté culinaire...

Comme mes 2 tutrices me l'ont fait remarquer, le champs lexical de la nourriture est quelque chose qui intervient souvent dans ma manière d'aborder les choses [j'utilise ce mot assez "général" puisque cela va du vocabulaire choisi au projets présentés]. Je suis consciente de ça, mais pas certaine de pouvoir expliquer clairement pourquoi...

Je ne sais pas si cela correspond à une sorte d'approche de la création dans la gourmandise, ou plus à quelque chose de l'ordre de la métaphore. J'aime le caractère éphémère, peut être vulnérable des aliments [non, ce n'est pas une déclaration d'amour/quoi que], et j'aime à penser qu'il peuvent devenir outil & matière à créer/à communiquer. Sur ce, je me permet une petite aparté, et clôture cette petite éloge de la nourriture sur la présentation de quelques travaux culinaires [qui n'ont aucun rapport avec la mémoire] ; l'occasion était trop bonne...




Voici premièrement une superbe campagne de publicité pour le Sydney International Food Festival. Un très bon [ah ah ah, le mot est bien choisi] concept et une très bonne réalisation pour cette série de print qui reprend chaque drapeau des pays participants. Vous noterez qu'ils sont réalisés avec les ingrédients typiques des pays en question...




Dans ce second travail, Kim Jong Il, Ahmadinedschad et Mugabe en prennent pour leur grade avec cette nouvelle campagne de publicité pour les 60 ans de la déclaration des droits de l’Homme. Efficace et incisif, tout en restant dans un esprit de célébration :o)



Voici une campagne très réussie et pleine de minimalisme pour l’annonceur McDonald’s. La "Wi-Fries", une mise en avant à la fois du service et du produit, afin d’annoncer les Wi-fi gratuits dans la chaîne de restaurants. “Love free wi-fi” : une idée de l’agence DDB Sydney. Le projet suivant concerne la même chaîne de restaurant, cette fois ci pour le lancement d'un nouveau produit sous forme de burrito, par l'agence Cossette. Enjoy!


Et pour finir en beauté, voici une super idée cadeau pour Noël : la chaussure petit pain! Créée par Dadada Studio. Ah ah ah j'adore! [notez le clin d'oeil packaging]










jeudi 5 novembre 2009

Mémoriser? Question d'organisation...

Voici un diagramme pour vous aider à chanter/retenir "Hey Jude" des Beatles, via Love all this :



Comme quoi les paroles des Beatles ne sont pas vraiment compliquées à retenir avec un peu d’organisation.

Etienne Mineur invite Amazon...

Après avoir aujourd'hui même reparlé de cette ambivalence, entre parasitage et à la fois repère, de la "mémorisation googleienne" et des suggestions sur Amazon, je viens de constater l'apparition d'une petite nouveauté sur le blog d'Etienne Mineur que je consulte assez fréquemment... Effectivement, c'est avec grand étonnement et pour la première fois d'ailleurs que j'ai découvert le "Astore" : petit espace personnalisable de suggestions de lectures [d'achats!!!].

[oui oui, c'est cette chose là, à droite]


Allez, ne faites pas les timides ; je suis certaine que vous vous posez tous la même question que moi : est-ce qu'on [qu'il] touche de l'argent pour ça? Et bien OUI! La réponse en image au petit "1" du à propos de cet espace.


Alors, vous en pensez quoi?

mercredi 4 novembre 2009

Le salon des refusés / version Boltanski.

Lors de mes recherches sur Christian Boltanski, je suis tombée sur un article de blog présentant une oeuvre secrète, cachée, dont nul ne parle et qui apparemment n'est mentionnée nulle part. Cette installation au Conservatoire de la ville de Paris n'est donc pas accessible à tous ; l'artiste ne souhaitant pas qu'on la visite en grand nombre, seuls de petits groupes obtiennent parfois l'autorisation d'y accéder, les photographies n'y étant bien sûr pas permises. Boltanski honore ici secrètement "les morts" qui, dans l'argot du Conservatoire, sont les élèves qui n'ont pas été reçus au diplôme. Seules traces de cette oeuvre, ces 2 photos provenant pour l'une de la monographie de Lynn Gumbert sur Boltanski et l'autre de l'ouvrage L'Art à ciel ouvert de Caroline Cros et Laurent Le Bon. Ces photos y sont d'ailleurs d'après l'auteur de l'article du blog, montrées à la sauvette et l'oeuvre même pas mentionnée dans le texte.


Vous vous demandez certainement pourquoi m'être arrêtée sur cette oeuvre plus que sur une autre... Et bien premièrement, c'est l'utilisation du mot "morts" que j'ai rapproché des notes de Julie Morel concernant son travail sur les archives. Effectivement, elle soulevait alors le fait que dans le vocabulaire de "l'archiviste", on employait le mot "fantôme" pour caractériser la feuille blanche que l'on plaçait à la place d'un document, lorsque ce dernier était monté en salle de lecture. C'est assez amusant et cependant pas tellement étonnant que ce vocabulaire appartenant au champs lexical de la mort se retrouve ainsi appliqué à des archives/des objets non-vivants, mais traces de vivants.


L'auteur de cet article du fameux blog, utilise d'ailleurs les termes de "flottement de fantômes mémoriels" pour caractériser l'odeur bien particulière aux installations de Boltanski. Ce qui me fait aussitôt rebondir sur les propos de Julie Morel qui, en plaisantant, se demandait si le lieu des archives ne serait pas une sorte de vaisseau fantômes...

Je vous conseille fortement de lire
>>>cet article<<<, d'autres points forts intéressants y sont évoqués, mais mon article [à moi] commence à me sembler un peu trop long alors je vais garder mes petites notes de côté et arrêter là.

"Celui qui est né hier meurt aujourd'hui"

C'est avec joie que le souvenir de cette oeuvre m'est ré-apparu lorsque j'ai rencontré dans mes recherches des mots tels que "ruines" ou encore "archéologie". Effectivement, cette fameuse installation qui m'avait tant marquée cette année là au Printemps de Septembre, mais dont le nom de l'artiste m'avait échappé... C'est dans ces moments là que l'on est heureux d'avoir acheté le catalogue de l'exposition (du festival en l'occurrence).


Voici le travail de l'artiste Clotilde Viannay, qui participait ici à l'une de ses toutes premières expositions. L'oeuvre créée pour cette occasion s'intitule "Celui qui est né hier meurt aujourd'hui" (Mésopotamien). Elle consiste à redonner vie par l'image aux 2147 objets de culture mésopotamienne du musée archéologique de Bagdad, qui ont été détruits ou volés au début de la deuxième guerre en Irak.


C'est à partir du site internet d'Interpol où elle a trouvé ces images, et en liaison avec les responsable du musée que Clotilde Viannay a mis au point ce projet qui invite le spectateur à une prise de conscience de l'un des aspects les plus dévastateurs de la guerre : la destruction du patrimoine de l'humanité.





Associant mémoire et technologie (de l'époque/cette installation date de 2004), actualité et engagement, cette oeuvre aux résonances multiples fait preuve d'une double intention : faire un geste sans artifices tout en disant la nécessité d'une évocation active de la situation irakienne.





Il faut que j'aille chercher dans mes archives personnelles si je n'ai pas gardé un petit film de cette installation très minimaliste, qui consistait "simplement" en une imprimante sur un petit piédestal, qui "[re]crachée" successivement (environ toutes les minutes) ces traces/archives qui s'entassaient au sol.